Mettre les technologies les plus avancées au service des populations les plus défavorisées d’Afrique, voilà le défi audacieux que se lance Issy-les-Moulineaux avec le programme Sankoré à Dapaong, sa ville jumelle africaine. Un groupe de jeunes Isséens partis en séjour solidaire avec le CLAVIM au mois de juillet dernier a installé une classe numérique dans une école de la ville togolaise. Retour sur cette démarche solidaire.
Face au constat que l’éducation représente l’un des ressorts les plus essentiels pour un pays d’assurer son développement futur mais aussi qu’il faut changer la conception désuète d’un Nord qui se débarrasse de son matériel usé auprès d’un « Sud poubelle », plusieurs pays africains ont imaginé, avec le soutien de la France, un projet novateur : le programme SANKORE qui est conçu et coordonné par la Délégation Interministérielle pour l’Education Numérique en Afrique.
Voir la vidéo : Dailymotion – Le programme Sankoré « L’éducation numérique libre pour tous » – une vidéo Actu et Politique
Les jumelages Sankoré, de quoi s’agit-il ?
Son développement a été confié à l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique. C’est à la fois un matériel « high-tech » composé d’un vidéoprojecteur interactif, d’un ordinateur et d’un stylet infrarouge, ainsi qu’un contenu participative de ressources éducatives libres et gratuites. Mais la grande nouveauté, c’est que l’ensemble a été pensé pour les élèves et les enseignants africains. Le nom du programme révèle ainsi l’ambition de ses concepteurs puisqu’avec Oxford et la Sorbonne, Sankoré est l’une des plus anciennes universités au monde, située à Tombouctou au Mali.
Il montre de cette manière la volonté d’appropriation par les Africains, dans la continuité de leur culture, des moyens les plus modernes de la transmission du savoir. Grâce à ces outils, les enseignants peuvent proposer à leurs élèves des exercices attractifs qui s’appuient sur des ressources accessibles en ligne ou téléchargeables : des cartes pour enseigner la géographie, des exercices de mathématiques à la fois attrayants pour les élèves et pratiques pour les professeurs, des illustrations, des histoires… avec toujours la possibilité de sauvegarder ce qui est écrit sur le tableau grâce au stylet. Les enseignants peuvent aussi se mettre en réseau grâce à la plateforme du site Internet «Sankoré avec leurs collègues d’Afrique, de France ou du monde entier pour échanger des contenus, des conseils pédagogiques ou même des moments de vie pour, par exemple, présenter la culture de leurs pays à d’autres classes.
Le rôle d’Issy
La ville est encore une fois pionnière puisqu’elle est une des premières en France à s’engager dans ce projet en finançant une classe Sankoré à Dapaong, sa jumelle Togolaise. Le matériel a été apporté par un groupe de jeunes partis en séjour solidaire avec le CLAVIM au mois de juillet. Sur place, ils ont formé l’enseignant responsable ainsi que les autres instituteurs de l’école primaire Bodjopal, établissement pilote pour cette initiative, à l’utilisation du tableau et à la création de contenus. Cette école, située dans le centre de Dapaong, accueille 1 230 élèves, répartis dans 24 classes, soit près de 51 élèves par classe. Ainsi, dès cette rentrée scolaire, les enseignants locaux pourront mettre à profit cet outil avec leurs élèves afin d’améliorer leurs conditions d’apprentissage.
Issy continuera à apporter tout son soutien pour développer encore le programme Sankoré afin d’accompagner l’éducation des jeunes générations de Dapaong et tenter ainsi de réduire, à son niveau, la fracture numérique mondiale.
Fidèle Pocanam, Président du Comité de Jumelage Dapaong-Issy-les-Moulineaux, a tenu à saluer l’action des jeunes Isséens et l’engagement de la Ville en faveur de Dapaong dans sa lettre envoyée à André Santini, le 25 juillet, dans laquelle il exprime « ses remerciements et félicitations pour l’engagement d’Issy ans le développement de Dapaong ».